Historique  
 
                      Projet
                               Site de l'OTAN

Site de l’OTAN

De la construction à la neutralisation du site

Au début des années 1960, le ministère de l'Industrie et du Commerce, Direction des carburants, service spécial des dépôts d'hydrocarbures, entreprend la réalisation d'une station-boosting à Octeville-sur-Mer, à 5 kilomètres au nord du Havre. L'Etat français, alors membre de l'OTAN, entend ainsi faire face à une éventuelle destruction du port du Havre.

La station de pompage est édifiée en bas des falaises du hameau de Saint-Andrieux, à Octeville-sur-Mer. Les travaux durent deux années depuis la construction des bâtiments dont les murs en béton armé sont conçus pour résister aux bombardements jusqu'à la pose des deux sealines aux extrémités desquels sont créés des postes de mouillage pour les pétroliers.

Sealines

 

La construction de l'ensemble nécessite l'aménagement d'une rampe de descente à la mer qui donne lieu à 90 000 m3 de terrassement. La pose des sealines, descendus d'un seul tenant depuis le haut de falaise, entraîne la création d'une piste (d'une longueur de 2 kilomètres qui coupe, grâce à des ponts provisoires, une route nationale et une départementale) et d'une passerelle de circulation de 85 mètres accessible aux engins de 30 tonnes au-dessus de la plage.

Descriptif des installations

Reliée au dépôt de carburants de Fontaine-la-Mallet, la station, dont les portes et ouvertures sont totalement étanches, se compose de :

- un monte-charge reliant le haut au bas de falaise;

- un poste de gardiennage;

                    groupes électrogènes     

- un transformateur électrique;

- deux sealines de 1 970 et 1 780 mètres de long, pesant près de 300 tonnes;

- des bâtiments en béton armé abritant les systèmes de pompage dont les murs sont épais de 60 centimètres;

salle des pompes

- deux bassins de réserve incendie;

- quatre citernes de 10 000 m3.

Des escaliers, hauts de près de 100 mètres et constitués de plus de 450 marches, permettent l'accès aux piétons depuis le haut de falaise. Les postes de mouillage situés au bout des sealines sont conçus pour accueillir des pétroliers allant de 16000 à 35 000 tonnes.

Fonctionnement de la station

Des militaires occupent les locaux pour en assurer l'entretien et l'éventuelle montée en charge en cas de déclenchement d'un conflit armé.

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Des essais de pompage sont réalisés mais la station ne sera jamais utilisée et est neutralisée en 1980 : du ciment est coulé dans les cuves à fuel, l'arrivée des sealines est démontée et les portes sont soudées.

Vers une reconversion de la friche militaire

L'ensemble du site et des ouvrages devient propriété de la commune d'Octeville-sur-Mer. Les installations se dégradent progressivement, attaquées par la rouille. A la fin des années 1980, l'association AQUACAUX, tout nouvellement créée, a pour projet de développer des activités d'aquaculture marine. L'ancienne station de l'OTAN présente des atouts indéniables : installations situées au niveau de la mer, rendant le pompage d'eau plus facile et moins coûteux ; bâtiments et prise d'eau de mer déjà existants…

L'association présente son projet de reconversion des locaux au maire d'Octeville-sur-Mer, M. Michel Adam. En 1990, la municipalité signe avec l'association une convention de mise à disposition des locaux d'une durée de 20 ans. Dès 1990, les premiers travaux commencent, menés par les bénévoles de l'association :

- aménagement d'un chemin d'accès carrossable;

- découpe et évacuation des anciennes tuyauteries, des pompes et des moteurs (350 tonnes de ferrailles sont évacuées);

- aménagement d'un petit laboratoire d'élevage expérimental dans l'ancien réservoir d'amorçage incendie;

- aménagement d'un bureau dans l'ancien local de gardiennage à l'entrée, en haut de falaise.

Les travaux se poursuivent à partir de 1993 dans le cadre des chantiers d’insertion.

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